Décoctions, infusions et purins végétaux : pourquoi sont-ils utiles au jardin ?

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Décoctions, infusions et purins végétaux : pourquoi sont-ils utiles au jardin ?

La fabrication d’extraits végétaux a le vent en poupe ! Les oligo-éléments (azote, phosphore, potassium, sels minéraux…) et les principes actifs extraits des plantes utilisées pour confectionner purins, macérations, décoctions et infusions sont bénéfiques pour le sol et les végétaux du jardin.

Attention, ce ne sont pas des engrais, ni des traitements insecticides ou fongicides. En application sur les feuilles ou en arrosage au pied des plantes cultivées, ils favorisent la croissance tout en renforçant leurs défenses immunitaires, les rendant ainsi plus résistants aux agressions des insectes et des maladies.

Voici 3 préparations de base pour soigner ses plantes au naturel

1. La décoction

Une décoction s’obtient en faisant tremper la plante entière dans de l’eau (de source ou de pluie) à température ambiante pendant 24h, puis en portant le mélange à ébullition et faisant frémir pendant 30 mn à couvert (jusqu’à une heure pour la prêle). Une fois le mélange refroidi, on le conserve dans un récipient opaque fermé hermétiquement.

Comment faire ?

  • Couper finement les plantes pour faciliter l’extraction des substances actives.
  • Les faire tremper dans l’eau, mais pas n’importe laquelle ! L’eau du robinet traitée chimiquement ne convient pas : il faut lui préférer l’eau de pluie ou encore mieux, l’eau de source. Le trempage doit durer 24 heures.
  • Porter la préparation à ébullition, puis faire frémir pendant 30 mn.
  • Faites reposer la préparation pendant 12h ou toute une nuit avant de filtrer soigneusement.
  • A conserver dans un récipient opaque fermé hermétiquement.
  • Conservation courte : à utiliser dans la semaine qui suit la préparation.

Décoction de consoude

Comptez 100 g de fleurs/tiges/feuilles fraiches pour un litre d’eau. En pulvérisation foliaire contre les pucerons et les aleurodes. En arrosage diluée à 20 % pour stimuler les plantes affaiblies. Peut être pulvérisée sur tous les végétaux en croissance afin de combler leurs éventuelles carences en azote organique et/ou en potasse.

Décoction de prêle des champs


Faire un décoction de 100 g de plante fraiche entière (sans les racines) pour un litre d’eau ou 10 g de prêle séchée dans 2 litres d’eau froide. Laisser bouillir 20 mn, puis laisser la décoction refroidir. Ensuite, on  ajoute 8 litres d’eau et on brasse durant 10 mn. Pulvériser la tisane filtrée le soir sous les plantes attaquées ou préventivement sur le sol (10 l pour 100 m2). Dans les cas difficiles, on peut répéter le traitement 3 soirs de suite.

Riche en silice, elle renforce les défenses des plantes. On l’utilise en pulvérisation foliaire diluée à 20% à titre préventif et curatif contre de nombreuses maladies cryptogamiques (mildiou, oïdium, cloque, tavelure, moniliose).

Décoction de lierre grimpant

100 grammes de feuilles fraiches par litre. Le lierre joue le rôle d’insectifuge contre les acariens, les aleurodes et les pucerons.

2. L’infusion

L’infusion consiste à plonger les plantes dans de l’eau (de pluie ou de source) bouillante pendant 30 mn maximum. On laisse infuser hors du feu pendant 12 à 24h, puis on filtre le mélange et on le stocke au frais.

Comment faire

  • Couper finement les plantes pour faciliter l’extraction des substances actives.
  • La proportion eau/plantes est identique
  • Verser de l’eau bouillante sur les plantes, couvrir le récipient de son couvercle et laisser infuser le tout jusqu’ à ce que l’eau soit froide.
  • Cette infusion doit reposer 24h avant d’être filtrée.
  • Conservation courte : à utiliser dans les jours qui suivent la préparation.

Infusion d’ortie 

On fait infuser 1 kg de tiges et feuilles pour 10 litres d’eau pendant 12h. On l’utilise en pulvérisation foliaire contre les pucerons, les acariens et le carpocapse des fruitiers.

Infusion d’oignon


20 g de bulbe par litre d’eau : pour lutter contre le mildiou et l’oïdium, l’infusion d’oignon est pulvérisée pendant une semaine sur les plantes atteintes, une fois par jour, un jour sur deux.

3. Le purin

La préparation d’un purin est un peu plus spécifique que pour une décoction ou une infusion. Elle demande un peu plus de temps et de matériel.

Comment faire ?

Pour fabriquer un extrait fermenté ou « purin », on fait macérer dans un récipient non métallique 200 g de plantes séchées ou 1 kg de plante fraiche hachée (tige et feuilles) dans 10 litres d’eau de pluie ou de l’eau de source (ou à défaut, de l’eau du robinet laissée dans un récipient à l’air libre pendant quelques jours) pendant 10 jours minimum, à une température comprise entre 18 et 20 °C.

La préparation doit être aérée tous les jours  (2 ou 3 brassages par jour) pour qu’elle soit le plus homogène possible : à l’aide d’un bâton, on fait remonter au-dessus les plantes du fond et on brasse. Le récipient doit être couvert mais pas hermétiquement, l’air doit pouvoir circuler.

La présence de bulle en surface indique que le mélange est en cours de fermentation. Lorsque les bulles cessent de se former et de remonter à la surface, le purin est prêt. En fonction de la chaleur, il faut une à deux semaines pour que le purin ne produise plus de bulles.

On le filtre alors une première fois dans une grande passoire pour enlever les éléments les plus grossiers, puis une deuxième fois dans un vieux linge ou dans un collant pour obtenir un liquide vert sombre dépourvu de résidus végétaux.

Transvaser dans des récipients hermétiques à ranger ensuite dans un endroit sombre et frais. Les purins se conservent un an.

La dilution des purins varie d’une utilisation à l’autre. D’une manière générale, on peut cependant dire que les purins destinés à être pulvérisés sur le feuillage des plantes à traiter doivent être plus dilués que les purins destinés aux sols et aux racines.

Ne jamais apporter de purin par temps ensoleillé ou sur un sol sec.

Purin d’ortie


Riche en azote, en minéraux et en oligo-éléments, c’est un activateur de croissance. En arrosage dilué à 20%, soit 2 litres de purin pour 8 litres d’eau pour stimuler la flore microbienne du sol, améliorer la reprise des plants repiqués, pour aider les plantes affaiblies par un épisode de gel ou un orage, pour favoriser la végétation de légumes feuilles.
En pulvérisation foliaire, dilué à 5%, il renforce  les défenses des plantes contre les maladies cryptogamiques en bloquant le développement des spores sur le feuillage.

Purin de consoude


Riche en potasse et en bore, ainsi qu’en allantoïne (principe actif qui stimule la multiplication des cellules végétales), il favorise la croissance des plantes et améliore leur résistance à diverses agressions (ravageurs, maladies, sécheresse, gel). Il accélère la floraison et augmente la fructification. Au printemps, on l’utilise dilué à 5% en pulvérisation foliaire pour stimuler la croissance des jeunes plants ; au potager, en arrosage dilué à 20% au pied des légumes fruits, des fraisiers et des arbustes à petits fruits ; au jardin pour les plantes à fleurs.

Précautions d’usage

Attention ! un produit préparé soi-même et destiné au jardinage au naturel n’est pas forcément inoffensif !

Leur utilisation n’est pas anodine et sans conséquence. En cas de surdosage, le purin d’ortie, riche en azote, fragilise la plante et la rend plus sensible aux attaques parasitaires et aux maladies fongiques. Un apport excessif en azote favorise aussi une croissance excessive des tiges et des feuilles au détriment des fleurs et des fruits.

Appliqués purs, les purins végétaux peuvent bruler les tiges et les racines des plantes. Il faut donc impérativement les diluer avant de les utiliser.

Décoction et infusion ont une courte conservation : les utiliser au plus tard dans les deux jours qui suivent la fabrication.

Sources

Matia Thun, Pratiquer la bio-dynamie au jardin, 1995
Jardiner Bio magazine, numéro 57, février 2020.
Philippe Chavannes, Soigner les plantes par les plantes, 2016 Losange, France.